Sept textes après le 7 octobre.Ce qui suit n’est ni un récit héroïque, ni une analyse, ni un commentaire.
Introduction — Après le 7 octobre
Ce qui suit n’est ni un récit héroïque,
ni une analyse,
ni un commentaire.
Ce qui suit est une tentative de tenir le réel.
Depuis le 7 octobre 2023, Israël n’a pas
seulement traversé une guerre.
Il a traversé une succession d’épreuves qui ne
laissaient pas respirer.
Des combats, oui.
Mais aussi des absences prolongées.
Des corps retenus.
Des recherches interminables.
Des identifications lentes.
Des gestes qu’aucun peuple ne devrait avoir à
accomplir.
Pendant des mois, parfois des années, la douleur
n’a pas pu se refermer.
Elle n’a pas eu de tombe.
Elle n’a pas eu de fin.
Elle a avancé étape après étape, sans pause,
sans résolution.
Ces sept textes ne portent pas de noms propres.
Ils ne racontent pas des familles.
Ils ne cherchent ni à convaincre, ni à expliquer,
ni à consoler.
Ils tentent seulement de dire ceci :
la guerre ne s’est pas arrêtée aux combats.
Elle s’est prolongée dans l’attente des morts,
dans la recherche des corps,
dans leur reconnaissance,
dans leur restitution,
et enfin dans leur enterrement.
Ce cycle est un hommage.
Un hommage sans scène, sans cri, sans
exaltation.
Un hommage à tous ceux dont la mort n’a pas
été immédiate,mais différée, fragmentée, administrée, vérifiée,
attendue.
Sept textes pour dire une chose simple et
terrible :
depuis le 7 octobre, la douleur n’a pas cessé de
s’accumuler.
Et il a fallu du temps, trop de temps,
pour que les morts puissent enfin revenir.
En mémoire de toutes les victimes depuis le 7 octobre 2023,et de ceux dont le retour a été différé.
Le cycle
I. La rupture
Le jour où le temps s’est brisé.
Le 7 octobre comme point de bascule.
II — La perte
Ce qui a été arraché.
Ce qui n’est pas revenu.
III. L’attente
Les jours sans réponse.
Les mois sans clôture.
Les semaines,
les mois.
Espérer sans pouvoir conclure.
IV. La durée
La guerre qui ne finit pas.
La fatigue qui s’installe.
Les morts qui s’ajoutent.
V. L’identification
Les porter.
Les reconnaître.
Ne pas les laisser sans place.
VI. Le poids du retour
Quand les morts reviennent.
Non pour apaiser,
mais pour éprouver encore.
VII. Ce qui reste
Non la paix.
Mais la fin de l’attente.
La possibilité de refermer.
Ces textes ne ferment rien.
Ils marquent un seuil.
Ils sont dédiés à celles et ceux dont l’absence
ne s’est pas refermée.
Cette page est dédiée à la mémoire de ceux qui
sont morts.
À ceux dont la vie s’est arrêtée brutalement.
À ceux dont la mort a été différée, attendue, retardée.
À ceux qui sont tombés immédiatement.
À ceux qui sont revenus plus tard.
Elle ne cherche ni à raconter, ni à expliquer, ni à consoler.
Elle marque simplement une présence.
Un peuple ne tient pas seulement par ses vivants.
Il tient aussi par la manière dont il porte ses morts.
- Cette page restera ouverte.
- Ce qui est écrit ici ne se referme pas.
- La mémoire ne se clôt pas.
