Ce texte fait partie du cycle
Sept textes après le 7 octobre
Toute épreuve finit par rencontrer une limite.
Pas une solution.
Pas une réponse.
Une limite.
La limite n’est pas décidée.
Elle s’impose.
C’est le moment où l’on comprend
qu’on ne pourra pas tout réparer,
pas tout expliquer,
pas tout refermer proprement.
La limite apparaît quand le travail a été fait,
quand la durée a été traversée,
et que pourtant
quelque chose demeure irréductible.
Il y a des pertes qui ne deviennent pas des leçons.
Des douleurs qui ne deviennent pas des forces.
Des absences qui ne deviennent pas des symboles.
La limite, c’est accepter cela
sans céder au cynisme
et sans fabriquer de sens artificiel.
Elle oblige à s’arrêter
là où l’on voudrait continuer à creuser.
À ne pas tout dire.
À ne pas tout montrer.
À ne pas tout comprendre.
La limite protège aussi.
Elle empêche la douleur
de devenir spectacle.
Elle empêche la mémoire
de devenir slogan.
Reconnaître la limite,
ce n’est pas renoncer.
C’est refuser de mentir au réel.
Il y a un point
où continuer serait trahir.
La limite est ce point.
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