Quand l’appartenance ne fait plus lien

Un État n’existe pas seulement par ses lois, ses frontières ou ses institutions.Il existe aussi par un minimum de reconnaissance partagée : le fait d’accepter de vivre dans un cadre commun, même lorsqu’on ne l’aime pas, même lorsqu’on le conteste.

Ce seuil, quand il est franchi à l’envers — non plus par la critique mais par le mépris — devient un problème politique, civique et sécuritaire.

L’agression récente d’une officier de Tsahal dans un bus à Ramat Gan n’est pas un fait divers isolé. Elle n’est pas non plus un simple “dérapage individuel” que l’on pourrait balayer d’un revers de main. Elle révèle autre chose : une rupture de reconnaissance.

Vivre dans un pays n’est pas neutre

Vivre en Israël, ce n’est pas seulement bénéficier de droits sociaux, de services publics ou de libertés individuelles.C’est aussi accepter que ce pays existe, qu’il se défende, qu’il porte une histoire, une langue, des symboles, et une armée.

On peut critiquer un État.On peut s’y opposer politiquement.

Mais le mépris actif, l’agression, l’humiliation d’un représentant de l’autorité — civile ou militaire — ne relèvent plus de l’opinion. Ils relèvent de la déloyauté civique.

Une hostilité qui ne dit pas toujours son nom

Une partie de la population arabe vivant en Israël ne se situe plus seulement dans une tension identitaire ou politique. Elle se situe dans une hostilité de fait :

  • elle vit dans le pays,
  • elle utilise ses infrastructures,
  • elle bénéficie de sa protection,
  • tout en rejetant sa légitimité et ses symboles.

Ce décalage n’est pas théorique. Il se manifeste dans les comportements, dans l’espace public, dans les interactions quotidiennes.

Lorsqu’il n’est ni nommé, ni traité, ni assumé par les institutions, il s’enkyste.

La responsabilité de l’État

Un État qui se respecte ne “caresse” pas les violences.Il ne relativise pas les agressions sous prétexte de contexte social, culturel ou communautaire.Il nomme, il poursuit, il sanctionne.

Non par vengeance.Mais pour rappeler une chose simple : le cadre commun n’est pas optionnel.

La loi n’est pas un décor.Elle est ce qui permet à des populations différentes de coexister sans basculer dans la loi du plus hostile.

Tenir le réel, sans haine et sans naïveté

Refuser de voir cette fracture, c’est abandonner le réel.La dramatiser sans la penser, c’est l’enflammer inutilement.

Entre les deux, il existe une voie plus exigeante :celle qui consiste à dire que vivre dans un pays implique un minimum de loyauté civique,et que celui qui la refuse doit en assumer les conséquences légales.

Ce n’est ni du racisme, ni de la peur.C’est une condition de survie collective.

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