III — L’attente

Ce texte fait partie du cycle

Sept textes après le 7 octobre

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L’attente n’a pas commencé après.

Elle a commencé à la place.

À la place d’une réponse.

À la place d’une certitude.

À la place d’un mot qui aurait permis de tenir.


Au début,

l’attente avait encore une forme.

Un téléphone allumé.

Une notification possible.

Une information qui pouvait tomber à tout

moment.

On attendait quelque chose.


Puis le temps a changé de nature.

Les heures sont devenues des jours.

Les jours, des semaines.

Les semaines, des mois.

L’attente n’était plus une suspension courte.

Elle devenait une durée.


Attendre ne voulait pas dire espérer.

Attendre voulait dire

ne pas pouvoir conclure.

Ne pas pouvoir dire oui.

Ne pas pouvoir dire non.

Ne pas pouvoir dire « c’est fini ».


L’attente a pris place partout.

Dans les gestes ordinaires.

Dans les conversations interrompues.

Dans les silences trop longs.

Elle ne faisait pas de bruit.

Elle occupait.


Il n’y avait pas de scène.

Pas de cris.

Seulement cette chose immobile,

qui avançait malgré tout.

Une attente administrée, vérifiée, recoupée.

Une attente rationnelle, méthodique.

Et pourtant insupportable.


Attendre, ici,

ce n’était pas refuser la réalité.

C’était ne pas encore pouvoir l’habiter.


L’attente n’a pas soulagé la perte.

Elle l’a étirée.

Elle l’a maintenue ouverte,

sans la laisser devenir autre chose.


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IV — La durée

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Sept textes après le 7 octobre

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