Il y a eu un avant.
Et puis il n’y a plus eu d’avant.
Le 7 octobre n’a pas seulement ouvert
une guerre.
Il a rompu quelque chose de plus profond.
Un lien invisible entre le temps et la certitude.
Jusqu’alors, même dans la violence,
il restait une forme de continuité :
les morts étaient enterrés,
les absents nommés,
les douleurs situées.
Ce jour-là, cela s’est arrêté.
Ce qui a été arraché ne s’est pas refermé.
Ce qui a disparu n’a pas été rendu.
La mort n’a plus été un point final,
mais un état suspendu.
La rupture ne s’est pas produite seulement
dans les combats.
Elle s’est installée dans l’attente.
Dans l’incertitude.
Dans l’impossibilité de savoir.
Des corps ont manqué.
Des réponses aussi.
Et avec eux,
la possibilité même de faire son deuil.
Depuis ce jour,
le temps n’avance plus de la même manière.
Il s’accumule.
Il pèse.
Ce texte commence ici,
non pour raconter ce qui s’est passé,
mais pour marquer ce moment précis
où quelque chose s’est définitivement brisé.
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